04/09/2026 : L’âge d’or messianique selon Chabad-Loubavitch

Récemment, nous avons parlé des chapeaux noirs et du rôle d’Israël dans l’évolution géopolitique et technologique internationale. La question de Nikolaï à propos des conditions de l’arrivée du Messie selon Chabad Loubavitch était restée sans réponse, mais elle mérite clairement le détour. C’est ce que nous faisant dans cette émission. Nous plongeons dans les écrits mystiques de ceux qui semblent tirer les ficelles. Le monde messianique, ou « l’âge d’or » selon les chapeaux noirs, et Chabad-Loubavitch…

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Rigolons


Message avant de commencer

Une opération psychologique de division et de polarisation frappe l’occident. Le but c’est d’implanter la mentalité « t’es avec nous ou contre nous » dans l’esprit humain, afin de bloquer le dialogue et les débats. Ils veulent nous diviser et nous tourner les uns contre les autres. Nous tenons à rappeler qu’avant d’être de droite ou de gauche, progressistes ou conservateurs, chrétiens ou musulmans, nous sommes avant tout des êtres humains, et chaque vie est importante. La violence est le langage de celui qui n’a pas d’arguments. Nous condamnons toute forme de violence, et nous rappelons les valeurs qui sont notre phare dans la tempête, Humilité, Foi, Pardon, Union, Paix, Charité, et Amour.

Yéshoua, le Christ et souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek, est notre guide et protecteur.

ON VA Y ARRIVER ENSEMBLE 🙏


Pourquoi on parle de ça ?

Vous vous rappellez de cette vidéo ?

Nikolaï avait posé une question qui semblait simple, question restée sans réponse.

Cette question était beaucoup trop importante et pertinente pour ne pas essayer d’y répondre, mais pourquoi s’arrêter là ? Pourquoi ne pas explorer en profondeur la pensée messianique de Chabad-Loubavitch, ce mouvement juif né dans l’actuelle Ukraine au 18ᵉ siècle ? Alors j’ai entrepris des recherches en essayant de ne pas tomber dans des caricatures, ou des versions d’analyses trop biaisées. Alors allons-y ! Commençons par faire connaissance avec Menachem Mendel Schneerson, le Rabbi de Loubavitch, mais avant de commencer, je voudrais préciser quelque chose.

J’ai tout fait pour ne pas tomber dans des caricatures venant des deux extrêmes. J’emmène ici la vision de Chabad-Loubavitch, afin de répondre à la question de Nikolaï. J’apporte aussi quelques questions et réflexions, mais encore une fois, le but, c’est d’essayer de comprendre, pas de juger. J’avance dans le sujet en toute humilité, car j’ai découvert le sujet depuis peu.

Qu’est-ce que Chabad-Loubavitch ?

Chabad-Loubavitch, aussi écrit Habad-Loubavitch, est un mouvement juif hassidique né en Europe de l’Est à la fin du XVIIIe siècle.

Le mot Chabad vient de trois termes hébreux : Hokhmah — sagesse, Binah — compréhension, et Daat — connaissance. Le nom Loubavitch vient de la ville de Lioubavitch, en Russie, où le mouvement a longtemps eu son centre.

Au XXe siècle, Chabad prend une dimension mondiale sous la direction de son septième Rabbi, Menachem Mendel Schneerson, le Rabbi de Loubavitch. Il développe un vaste réseau d’émissaires, de synagogues, d’écoles et de centres communautaires destinés à rapprocher les Juifs de la pratique religieuse. Mais il accorde aussi une place centrale à l’arrivée prochaine du Machia’h.

Menachem Mendel Schneerson, également connu par ses fidèles comme « Le Rabbi » , né le 18 avril 1902 à Nikolaïev (Empire russe, aujourd’hui en Ukraine) et mort le 12 juin 1994 à Brooklyn (New York).

Dans les dernières années de sa vie, ce thème devient particulièrement présent dans ses discours. Une partie de ses disciples en vient même à considérer Schneerson lui-même comme le candidat au rôle de Messie.

Qui est Maïmonide et pourquoi est-il si important ?

Pour comprendre la vision messianique de Chabad-Loubavitch, il faut d’abord s’arrêter sur une figure qui reviendra constamment dans ce dossier : Maïmonide, également appelé Rambam.

Né au XIIe siècle, Maïmonide est l’un des plus importants rabbins, philosophes et juristes de l’histoire du judaïsme. Son œuvre la plus importante sur le plan juridique est le Mishné Torah, une vaste codification de la loi juive dans laquelle il tente d’organiser de manière claire et systématique les règles issues de la Torah et de la tradition rabbinique.

Les derniers chapitres de cet ouvrage, consacrés aux rois, aux guerres et au Messie, occupent une place particulièrement importante dans la pensée de Chabad-Loubavitch. C’est notamment chez Maïmonide que Chabad va chercher une grande partie des critères permettant de définir ce qu’est le Machia’h, comment le reconnaître, ce qu’il doit accomplir et à quoi doit ressembler l’ordre messianique.

Autrement dit, Maïmonide n’était pas lui-même un rabbin Chabad — le mouvement Loubavitch n’existait évidemment pas encore à son époque — mais ses écrits constituent aujourd’hui l’une des principales références juridiques utilisées par Chabad lorsqu’il est question du Messie et de l’ère messianique.

C’est pour cette raison que son nom reviendra régulièrement dans les chapitres suivants.

L’ère messianique selon Chabad-Loubavitch

Lorsqu’on s’intéresse à la vision messianique de Chabad-Loubavitch, on tombe assez rapidement sur la description d’un monde qui ressemble, à première vue, à un véritable âge d’or. La venue du Machia’h, le Messie, ne doit pas provoquer la destruction du monde. Au contraire, c’est ce monde-ci qui est censé être transformé.Les guerres disparaissent. La famine disparaît. La prospérité devient générale. L’humanité vit en paix et se consacre de plus en plus à la connaissance de Dieu.

Chabad s’appuie notamment sur Maïmonide, aussi appelé le Rambam, l’un des plus importants penseurs et juristes de l’histoire du judaïsme. Celui-ci décrit l’époque messianique comme une période où il n’y aura plus « ni famine, ni guerre, ni jalousie, ni compétition ».

Le Machia’h est censé être un homme, descendant du roi David. Il doit restaurer la royauté davidique, reconstruire le Temple de Jérusalem, rassembler les Juifs dispersés à travers le monde et conduire l’humanité vers la reconnaissance du Dieu unique.

Dit comme ça, difficile de ne pas y voir une promesse extrêmement positive. Un monde en paix, sans misère, sans guerre, dans lequel l’humanité aurait enfin atteint une forme d’harmonie…. Mais il y a un aspect de cette vision dont on parle beaucoup moins.

Cet âge d’or n’est pas un monde neutre sur le plan religieux.

Il repose sur un ordre bien précis, et dans cet ordre, les Juifs et les non-Juifs n’ont ni les mêmes obligations, ni exactement le même statut. C’est ce point qu’il faut comprendre si l’on veut savoir à quoi ressemble réellement l’ère messianique telle qu’elle est décrite dans les textes sur lesquels Chabad s’appuie.

Les conditions de l’arrivée du Messie selon Chabad-Loubavitch

Les critères du « Machia’h présumé » puis du « Machia’h avec certitude » viennent directement de Mishné Torah, Lois des rois 11:4 et sont repris tels quels dans les présentations de Chabad. Selon ce dernier, il n’existe pas de date connue à laquelle le Machia’h doit obligatoirement apparaître. Il pourrait, en théorie, arriver à n’importe quel moment.

Chabad reprend notamment une affirmation du Talmud (Talmud de Babylone) selon laquelle les différentes échéances annoncées pour sa venue sont déjà passées et que la délivrance dépend désormais essentiellement de la téchouva, c’est-à-dire du retour vers Dieu, ainsi que des bonnes actions.

Le Rabbi de Loubavitch est allé encore plus loin en affirmant à plusieurs reprises que le travail spirituel nécessaire avait, dans une très large mesure, déjà été accompli et que l’humanité se trouvait désormais au seuil de la délivrance messianique.

Autrement dit, Chabad n’attend pas nécessairement qu’un événement précis se produise avant que le processus puisse commencer.

Comment reconnaître le Machia’h selon Chabad-Loubavitch

Pour Chabad-Loubavitch, le Machia’h n’est pas une figure symbolique ni une entité spirituelle abstraite. Il s’agit d’un homme, descendant de la lignée du roi David, qui doit apparaître comme un véritable dirigeant du peuple juif.

Pour définir les critères permettant de le reconnaître, Chabad s’appuie là encore largement sur Maïmonide. Dans le Mishné Torah, celui-ci explique qu’un homme issu de la maison de David, profondément engagé dans l’étude et l’observance de la Torah, qui pousse le peuple d’Israël à respecter ses commandements, à en réparer les manquements et qui mène les « guerres de Dieu », peut être considéré comme le Machia’h présumé.

Mais cela ne suffit pas encore à confirmer qu’il est réellement le Messie. Pour être reconnu comme le Machia’h avec certitude, il doit réussir dans cette entreprise, reconstruire le Temple de Jérusalem à son emplacement et rassembler les Juifs dispersés à travers le monde.

Ce n’est donc pas la réalisation de miracles qui permet, selon Maïmonide, d’identifier le Messie. Ce sont avant tout ses actes et la réussite de sa mission. La distinction est importante : un homme peut remplir les premiers critères et être considéré comme un candidat crédible au rôle de Machia’h, sans pour autant être définitivement reconnu comme tel. Ce n’est qu’après l’accomplissement des étapes suivantes — restauration de la Torah, victoire dans les « guerres de Dieu », reconstruction du Temple et rassemblement des exilés — que son statut est définitivement établi.

Quand on lit tout ceci, on peut comprendre pourquoi Menachem Mendel Schneerson est considéré comme le Messie pour certains. La création de l’État d’Israël est un evenement prophétique très important. Dans la lecture de Maïmonide adoptée par Chabad, le rassemblement des exilés est bien l’un des grands événements messianiques.

Mais… le Rabbi de Loubavitch a explicitement rejeté l’idée selon laquelle l’État moderne d’Israël constituerait en lui-même “le commencement de la Rédemption” (atchalta de-geulah). Un texte publié par Chabad, basé sur ses enseignements, dit précisément que la situation actuelle en Terre d’Israël n’est pas encore le commencement de la Rédemption, puisque chez Maïmonide, la fin de l’exil et le rassemblement véritable sont réalisés spécifiquement par le Machia’h.

Âge d’or, mais selon quel ordre ?

Paix mondiale, abondance, disparition des guerres et connaissance de Dieu : présentée ainsi, l’ère messianique ressemble effectivement à un âge d’or, mais cet âge d’or n’est pas conçu comme une société religieusement neutre, dans laquelle chacun continuerait simplement à croire et à pratiquer ce qu’il souhaite.

L’ordre messianique repose sur la Torah et la reconnaissance du Dieu unique, et dans cet ordre, Juifs et non-Juifs n’ont pas le même rôle. Les Juifs restent soumis aux commandements de la Torah — traditionnellement au nombre de 613 — tandis que les non-Juifs sont soumis à un ensemble différent de règles : les sept lois noachides.

Il n’est donc pas demandé aux non-Juifs de devenir juifs. En revanche, ils sont censés accepter un cadre religieux et moral précis, notamment l’interdiction de l’idolâtrie et du blasphème, et vivre selon les lois destinées aux descendants de Noé.

C’est un point essentiel pour comprendre la vision messianique de Chabad :

La paix universelle promise n’est pas fondée sur le pluralisme religieux tel que nous l’entendons aujourd’hui, mais sur l’adhésion de l’humanité à un ordre considéré comme voulu par Dieu.

Pour comprendre ce que cela implique concrètement pour les non-Juifs, il faut donc s’intéresser à ces fameuses sept lois noachides.

Les sept lois noachides

Selon la tradition rabbinique, l’ensemble de l’humanité descend de Noé et se trouve donc soumise à sept commandements fondamentaux, appelés les lois noachides.

Contrairement aux Juifs, qui sont soumis aux commandements de la Torah, les non-Juifs n’ont donc pas besoin de se convertir au judaïsme. Ils doivent en revanche respecter ces sept règles :

  • ne pas pratiquer l’idolâtrie ;
  • ne pas blasphémer Dieu ;
  • ne pas commettre de meurtre ;
  • ne pas voler ;
  • ne pas avoir certaines relations sexuelles interdites ;
  • ne pas consommer la chair prélevée sur un animal encore vivant ;
  • établir des tribunaux chargés de faire respecter la justice.

Présentées ainsi, ces lois ressemblent à un ensemble relativement simple de principes moraux universels, mais chez Maïmonide, elles vont beaucoup plus loin. Elles constituent un véritable système juridique destiné aux non-Juifs, avec des tribunaux, des infractions précises et des sanctions, et certaines de ces sanctions sont extrêmement sévères.

C’est notamment ce que Maïmonide développe dans les chapitres 9 et 10 des Lois des rois et de leurs guerres, à la fin du Mishné Torah.

Juifs et non-Juifs : les mêmes règles ?

C’est dans les chapitres 9 et 10 des Lois des rois et de leurs guerres que Maïmonide précise concrètement ce que signifie l’application des lois noachides, et une chose apparaît rapidement : Juifs et non-Juifs ne sont pas soumis au même régime juridique.

La différence la plus spectaculaire concerne la justice pénale. Maïmonide affirme qu’un Noahide qui transgresse l’une des sept lois peut être condamné à mort, mais surtout, les garanties nécessaires pour prononcer cette condamnation sont beaucoup moins importantes que pour un Juif.

JuifNoahide
Juges pour une affaire capitale231
Témoins nécessaires21
Avertissement préalableOuiNon
Témoignage d’un procheNonOui
Peine capitale pour violation des lois noachidesOui

Pour un Juif accusé d’un crime passible de mort, Maïmonide exige notamment un tribunal de 23 juges, plusieurs témoins et un avertissement préalable : l’accusé doit avoir été informé de l’interdiction et de la peine qu’il encourt avant de commettre l’acte.

Pour un Noahide, Maïmonide écrit au contraire qu’un seul juge et un seul témoin peuvent suffire, qu’aucun avertissement préalable n’est nécessaire et qu’un proche peut même témoigner. La différence est donc considérable, mais elle ne concerne pas uniquement la procédure judiciaire.

Maïmonide impose également aux non-Juifs certaines restrictions religieuses qui ne s’appliquent évidemment pas aux Juifs. Un non-Juif ne doit pas créer pour lui-même une nouvelle religion, instituer un jour de repos comparable au Shabbat ou étudier la Torah comme le ferait un Juif, en dehors de ce qui concerne ses propres lois noachides.

Une autre différence apparaît dans les litiges entre un Juif et un idolâtre. Maïmonide écrit que si le droit des nations permet de donner raison au Juif, le tribunal peut appliquer ce droit, et si c’est la loi de la Torah qui permet de donner raison au Juif, il peut alors appliquer la Torah, autrement dit, dans ce cas précis, le système juridique permettant d’avantager le Juif est retenu.

Maïmonide apporte cependant une distinction importante : cette règle ne s’applique pas de la même manière au ger toshav, c’est-à-dire au non-Juif ayant accepté le cadre noachide. Celui-ci bénéficie d’un statut beaucoup plus favorable et doit notamment être soutenu et traité avec respect.

Il existe donc chez Maïmonide plusieurs statuts différents pour les non-Juifs, mais une chose reste claire : le système qu’il décrit ne repose pas sur une égalité juridique entre Juifs et non-Juifs au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Les obligations sont différentes, les pratiques religieuses autorisées sont différentes, et dans certains domaines, les garanties judiciaires le sont également.

Cela rappelle quelque chose qui s’est produit recemment en Israël…

En mars 2026, la Knesset a adopté une loi sur la peine de mort pour certains actes terroristes commis en Cisjordanie. Le texte vise les résidents de Cisjordanie qui ne sont ni citoyens ni résidents israéliens : s’ils causent intentionnellement la mort d’une personne dans un acte terroriste, la peine prévue est en principe la mort, sauf circonstances particulières permettant la perpétuité.

Cela signifie concrètement qu’un Palestinien de Cisjordanie peut être soumis à ce régime devant un tribunal militaire, tandis qu’un citoyen israélien vivant sur le même territoire — par exemple un colon israélien — en est exclu et relève d’un autre régime juridique. La distinction crée une différence de traitement très nette entre les deux populations.

Et les chrétiens dans tout ça ?

C’est ici que la question du christianisme devient particulièrement importante. Parmi les sept lois noachides figure en effet l’interdiction de l’idolâtrie, or Maïmonide considère explicitement le christianisme comme une forme d’idolâtrie. Dans les Lois sur l’idolâtrie, il classe les chrétiens parmi les idolâtres, notamment en raison de la divinisation de Jésus et d’une conception de Dieu incompatible avec l’unité absolue défendue par le judaïsme.

Cette hostilité théologique envers le christianisme ne se limite d’ailleurs pas à Maïmonide. Dans le Talmud de Babylone, traité Gittin 57a, un récit raconte qu’Onkelos* fait revenir Jésus d’entre les morts et lui demande quelle est sa punition dans l’au-delà. Le texte répond qu’il est puni dans des « excréments bouillants », peine associée à celui qui se moque des paroles des Sages. Les éditions modernes de Chabad elles-mêmes identifient explicitement le personnage du récit à Jésus le Nazaréen.

*Onkelos est une figure importante de la tradition juive, surtout connue comme converti au judaïsme et traducteur de la Torah en araméen. On lui attribue traditionnellement le Targoum Onkelos, une traduction/interprétation araméenne de la Torah qui est devenue une référence classique dans le judaïsme rabbinique.

Il s’agit d’un récit talmudique sur l’au-delà, et non d’une règle juridique concernant les chrétiens, mais il permet de comprendre à quel point certaines sources rabbiniques traditionnelles peuvent porter un regard extrêmement négatif sur Jésus.

Le problème juridique apparaît ensuite avec les lois noachides. Pour Maïmonide :

  • le christianisme est idolâtrique ;
  • l’idolâtrie est interdite aux non-Juifs ;
  • et la violation de certaines lois noachides peut entraîner la peine capitale.

« Un descendant de Noé qui transgresse l’un de ces sept commandements sera exécuté par l’épée. » – Mishné Torah, Lois des rois et de leurs guerres 9:14

Pris à la lettre, ce système semble donc difficilement compatible avec le maintien du christianisme tel que nous le connaissons dans un ordre messianique appliquant strictement les lois noachides. La vraies questions deviennent donc les suivantes :

  • Que pourrait-il rester du christianisme dans une société messianique où l’ensemble des nations serait tenu de respecter l’interdiction noachide de l’idolâtrie ?
  • Jusqu’où Chabad entend-il réellement reprendre le système juridique de Maïmonide ?
  • Si les lois noachides doivent réellement devenir la norme universelle de l’ère messianique, que se passe-t-il lorsque quelqu’un refuse de s’y soumettre ?

C’est précisément sur ce point que la frontière entre la doctrine explicitement enseignée et les conséquences que l’on peut en déduire devient beaucoup moins claire.

Un âge d’or… mais pour qui ?

L’ère messianique décrite par Chabad-Loubavitch est présentée comme une période de paix universelle, d’abondance et de connaissance de Dieu. Un monde sans guerre, sans famine, dans lequel l’humanité aurait atteint une forme d’harmonie spirituelle.

Mais cet idéal ne correspond pas à une société pluraliste ou religieusement neutre au sens moderne. Il repose sur un ordre précis, la Torah pour les Juifs, les lois noachides pour les non-Juifs, et la reconnaissance du Dieu unique pour l’ensemble de l’humanité. Chez Maïmonide, cet ordre implique également des différences juridiques importantes entre Juifs et non-Juifs, ainsi que, dans certains cas, des sanctions extrêmement sévères.

Un autre paradoxe apparaît alors. Parmi les lois noachides figure l’interdiction de tuer. Pourtant, le système juridique décrit par Maïmonide est lui-même largement entouré par la peine capitale, prévue pour plusieurs violations de ces mêmes lois.

Pour Maïmonide, il n’y a juridiquement aucune contradiction. Selon lui, la loi dit « ne pas assassiner » ou « ne pas commettre de meurtre », pas « ne pas tuer », ce qui ouvre des millions de portes aux contournements de cette loi. Toujours selon lui, et basée sur cette modification importante du sens des mots, assassiner quelqu’un constitue un meurtre interdit, tandis que l’exécution décidée par un tribunal est considérée comme l’application légitime de la loi divine.

Mais le contraste reste frappant : un ordre présenté comme devant mettre fin à la violence et instaurer la paix universelle prévoit parallèlement la mise à mort de ceux qui transgressent certaines de ses règles fondamentales.

C’est là tout le paradoxe.

Ce qui est présenté comme un âge d’or universel repose en réalité sur une conception très précise de ce que doit devenir l’humanité, de ce qu’elle doit croire et des règles auxquelles elle doit se soumettre. Pour ceux qui adhèrent à cette vision religieuse, il s’agit de la délivrance ultime. Pour ceux qui n’y adhèrent pas, la question est nécessairement différente :

quelle place reste-t-il à la liberté religieuse et à la liberté de conscience dans un monde où l’ordre divin est censé devenir universel ?

Epilogue apocalyptique

Si l’on prend ce qu’on vient de dire dans cette émission, et on le superpose à l’Apocalypse, plusieurs choses deviennent évidentes. Ce monde messianique selon Chabad-Loubavitch est le même monde que celui de la Bête du chapitre 13 de l’Apocalypse selon Saint-Jean.

« Et il lui fut donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue, et toute nation. Et tous les habitants de la terre l’adoreront, ceux dont le nom n’a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l’agneau qui a été immolé. » – Apocalypse 13 : 7 – 8

Et là où Maïmonide dit de « tuer par l’épée » ceux qui ne suivent pas les lois imposés par les croyances qu’on vient de mentionner, l’Apocalypse de Saint Jean nous rappelle quelque chose :

« Si quelqu’un a des oreilles, qu’il entende! Si quelqu’un mène en captivité, il ira en captivité; si quelqu’un tue par l’épée, il faut qu’il soit tué par l’épée. C’est ici la persévérance et la foi des saints. » – Apocalypse 13 : 9 – 10

Mais il y a autre chose aussi. Peut-être que le Messie qu’on a évoqué ce soir soit déjà venu. Il y a quelqu’un qui rempli un paquet des critères qu’on a mentionnés ici. Rappelons-nous ce qu’on avait vu ensemble à propos des Rothschild sur le tout premier épisode de la série Révélations :

« Dans le volume 49 du *Niles’ Weekly Register, on peut lire ce qui suit à propos de l’influence des Rothschild sur la haute finance internationale en 1836 :

« Les Rothschild sont les merveilles de la banque moderne. Issus de cette race poétique, antique, mystérieuse, dont nous tirons toute notre religion et la moitié de notre civilisation, nous voyons les descendants de Juda, après une persécution de deux mille ans, regarder au-dessus des rois, s’élever plus haut que les empereurs, et tenir tout un continent dans le creux de leurs mains. Les Rothschild gouvernent un monde chrétien. Pas un cabinet ne bouge sans leur avis. Ils tendent la main, avec la même facilité, de Petersburg à Vienne, de Vienne à Paris, de Paris à Londres, de Londres à Washington.


Le baron Rothschild, chef de la maison, est le véritable roi de Juda, le prince de la captivité, le Messie si longtemps attendu par ce peuple extraordinaire. Il détient les clés de la paix ou de la guerre, de la bénédiction ou de la malédiction. A quoi tout cela va-t-il mener ? La ville sainte sera-t-elle reconstruite ?

Le troisième temple va-t-il élever ses tourelles vers le ciel ? Le lion de la tribu de Juda, le baron Rothschild, possède plus de force réelle que David, plus de sagesse que Salomon. Que leur importe le littoral stérile de la Palestine ? Ils sont les courtiers et les conseillers des rois d’Europe et des chefs républicains d’Amérique. Que peuvent-ils désirer de plus ?

Nous croyons savoir qu’une belle fille de cette maison est mariée à un Américain et qu’elle a l’intention de faire de New York sa résidence permanente. La beauté de Juda n’a pas disparu et la force de la maison d’Israël ne s’est pas affaiblie. »

Ajoutons à cela le fait que « La famille Rothschild a été anoblie au sein du Saint-Empire romain germanique et du Royaume-Uni (1816). Les seules branches encore existantes de la famille sont les branches française et britannique. » (source wikipédia).

Pendant la domination des Rothschild décrite dans cet ancien article, on a eu les deux guerres mondiales qui ont été à l’origine de la création de l’État d’Israël, une prospérité et une période de Paix à l’humanité, avec des institutions internationales comme l’ONU et les « Nations Unies »… Peut-être que la construction du 3ᵉ Temple peut être pris de façon métaphorique… Et là, un certain Baron de Rothschild (lequel ?) coche presque toutes les cases prophétiques…

Je n’ai pas ici la prétention de dire que je comprends tout sur ce sujet, mais en tout cas, on avait une question au départ (merci Nikolaï 😉 et maintenant, on a la réponse, et même un peu plus. On a de quoi digérer et intégrer jusqu’à la prochaine émission. Pendant ce temps, j’insiste et je persiste, les réponses sont en nous, dans le silence, dans le calme, dans la nature…

Les véritables anciens sages étaient tous d’accord pour dire que quelqu’un qui se connaît lui-même, c’est quelqu’un qui connaît l’Univers. Alors connais-toi toi-même et tu trouveras ton chemin dans les temps que nous traversons.