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Révolution en Albanie en temps de confusion – Un Espoir Naissant !
— A.D.N.M (@adnm_live) June 12, 2026
Alors que les médias présentent les manifestations en Albanie comme une opposition à un projet immobilier lié à Jared Kushner et Ivanka Trump, de nombreux Albanais y voient surtout le symbole d'un problème plus… pic.twitter.com/bqLLSaXSI7
Alors que les médias présentent les manifestations en Albanie comme une opposition à un projet immobilier lié à Jared Kushner et Ivanka Trump, de nombreux Albanais y voient surtout le symbole d’un problème plus profond. Après un incident violent lors d’une manifestation, la colère contre la corruption, la spéculation foncière et l’influence d’intérêts étrangers s’est transformée en un mouvement populaire réclamant davantage de souveraineté et de justice.
Les médias mainstream mentent… ENCORE !!!
Forbes écrivait hier, jeudi 11 juin :
Les manifestations en Albanie contre les projets de complexe touristique de Jared et Ivanka prennent de l’ampleur
Les manifestations en Albanie contre le projet de complexe touristique de Jared Kushner ont atteint mercredi leur plus grande ampleur à ce jour, rapporte Reuters, alors que les inquiétudes environnementales liées à ce projet de construction continuent de bouleverser la scène politique du pays.
Ainsi, les médias occidentaux ont commencé à parler de manifestations contre « le clan Trump » :


Je suis albanais et j’ai accès à toutes sortes de sources d’informations albanaises, mais j’ai aussi accès à des gens qui sont sur le terrain, dans les manifestations… Ce que j’entends, c’est très différent de ce que disent les médias mainstream de l’occident.
Le projet étrange d’Ivanka Trump et Jared Kushner
Le nom Trump est l’étincelle qui a mis le feu, mais les albanais ne se battent pas « contre Trump ». Pour mieux comprendre, on doit parler de cette étincelle justement.
Le projet d’Ivanka Trump et Jared Kushner en Albanie

Ivanka Trump et son mari, Jared Kushner, veulent développer un immense complexe touristique de luxe sur l’île de Sazan, au large de la côte sud de l’Albanie, et aussi une partie sur la terre ferme, en face de l’île, qui s’appelle Zvernec. Le projet est porté par la société d’investissement de Kushner, Affinity Partners (on y reviendra plus tard), et représente environ 1,4 milliard d’euros d’investissement.

L’idée en une phrase
Transformer une ancienne île militaire quasi vierge en destination méditerranéenne ultra-premium avec :
- hôtels de luxe,
- villas privées,
- marina,
- restaurants,
- infrastructures touristiques haut de gamme.
Sazan est une île inhabitée située entre l’Adriatique et la mer Ionienne. Pendant des décennies, elle a servi de base militaire. Elle fait partie d’une zone côtière considérée comme l’une des dernières portions relativement préservées de la Méditerranée. On y trouve des habitats protégés, des oiseaux migrateurs, des tortues marines et d’autres espèces sensibles.




L’île est située à l’entrée de la baie de Vlorë, là où se rencontrent l’Adriatique et la mer Ionienne.

Quiconque contrôle Sazan peut surveiller une partie importante du trafic maritime vers les Balkans occidentaux. C’est un peu l’équivalent d’un poste d’observation naturel sur une porte d’entrée maritime.

Zverenc, c’est la partie qui se trouve sur la terre ferme, qui se trouve en face de l’île Sazan. C’est là où Ivanka Trump et Jared Kushner (entre autres) veulent construire une installation qui permet la connexion avec l’ile.

Dans les années 1950, l’URSS a construit à Pasha Liman (qui inclut Zvernec) une base destinée à accueillir des sous-marins soviétiques de la flotte de la mer Noire opérant en Méditerranée.



Le lien avec Sazan (l’île)
Sazan servait en quelque sorte de « bouclier avancé » pour la baie (Zvernec) :
- surveillance du détroit ;
- défense côtière ;
- contrôle des approches maritimes.
La combinaison Sazan + Pasha Liman (qui inclut Zvernec) formait un système défensif intégré.
Dernier détail, mais pas des moindres, même si l’île est aujourd’hui démilitarisée, elle se trouve toujours à proximité immédiate d’une zone ayant conservé une certaine importance stratégique pour l’Albanie et pour l’OTAN, puisque l’Albanie est membre de l’Alliance depuis 2009.
Pour résumer
Donc Ivanka Trump et Jared Kushner veulent acheter une ancienne base militaire avec des installations sous-marines. Ce qu’ils feront plus tard, n’est pas forcément pertinent dans ce contexte. Pendant que tout le monde parle de complexe de luxe, tout le monde passe à côté de l’importance stratégique de cet endroit.
Pourquoi se focaliser sur l’impoirtance stratégique ? Parce qu’Ivanka trump et Jared Kushner ne sont qu’une façade. L’acteur important dans cette histoire, que les albanais ont vite identifié, c’est l’entité qui paye, qui est le fond d’investissements de Jared Kushner, Affinity Partners.
Affinity Partners, un fond d’investissements different des autres ?

Ce qu’on sait sur Affinity Partners :
- Le plus gros investisseur historique est le fonds souverain saoudien, le Public Investment Fund (PIF), qui a engagé environ 2 milliards de dollars.
- Le fonds souverain qatari, Qatar Investment Authority (QIA), a également investi dans Affinity.
- Des capitaux provenant des Émirats arabes unis, notamment via Lunate, sont aussi entrés au capital du fonds.
De l’autre côté, les liens avec Israël sont assez flagrants :
Affinity Partners investit activement dans des entreprises israéliennes depuis sa création, et est devenue un acteur important dans plusieurs sociétés israéliennes, notamment dans la finance, et le personnage de Jared Kushner (fondateur et propriétaire d’Affinity Partners) mérite plus d’attention.
Les liens entre Jared Kushner et Benyamin Nétanyahou sont à la fois personnels, familiaux, politiques et idéologiques. C’est ce qui les distingue d’une simple relation diplomatique.

Le père de Jared, Charles Kushner, est depuis longtemps un soutien financier de causes pro-israéliennes et entretient une relation amicale avec Nétanyahou depuis les années 1990. Cette proximité était telle que, lors de voyages aux États-Unis, Nétanyahou séjournait parfois chez les Kushner dans le New Jersey. Nétanyahou a lui-même déclaré connaître Jared depuis qu’il était enfant.
Lorsque Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche en 2017, Kushner est devenu l’un des principaux architectes de la politique américaine au Moyen-Orient.
Il a notamment participé :
- à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël
- aux négociations des Accords d’Abraham
- au plan de paix israélo-palestinien présenté en 2020

Kushner est issu d’une famille juive très engagée dans les questions liées à Israël. Lui-même a toujours affiché un fort attachement à l’État israélien. Cela ne signifie pas qu’il est simplement un relais de Nétanyahou, mais leurs visions géopolitiques convergeaient souvent.
Pour résumer
Jared Kushner est fortement lié à « Israël » de Nétanyahou (et d’autres acteurs pas très sains du Moyen-Orient), et son fonds d’investissement n’est pas un simple fond, surtout quand il s’agit du fonds d’investissement du gendre de Donald Trump, le président de la plus grande puissance militaire au monde.
Albanie, un pays de « complotistes »
Si un « complotiste » est un individu qui remet en question le rôle des autorités, dans ce cas je peux dire sans le moindre complexe que les albanais sont complotistes par nature.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que plus de 40 ans d’une dictature connue mondialement pour sa violence qui dépasse la compréhension, a rendu les albanais allergiques aux autorités. 100% des familles albanaises ont été directement impactées et sont encore au stade de la guérison de la violence de la dictature d’Enver Hoxha. Cette « allergie » est toujours présente, et l’albanais moyen est ce que l’occident appellerait « un complotiste », c.-à-d., quelqu’un qui n’a absolument aucune confiance au gouvernement. C’est l’exact opposé du « bon citoyen » de l’époque des « boomers ».
Les albanais ont fait donc leurs devoirs sur cette histoire. Beaucoup de manifestants ne voient pas seulement un projet immobilier. Ils y voient l’arrivée d’un acteur qui se situe à l’intersection de plusieurs réseaux de pouvoir : Trump, Nétanyahou, les fonds souverains du golfe et la diplomatie américaine au Moyen-Orient. C’est en grande partie ce qui donne à l’affaire une dimension géopolitique qui dépasse largement le tourisme.

Pour vous donner un exemple, pour une raison mystérieuse, la maire de Tirana avait décidé d’installer des drapeaux israéliens au boulevard central (boulevard principal de Tirana, Dëshmorët e Kombit) où allait avoir lieu la manifestation à Tirana.

Quelques heures plus tard, après la pression des organisateurs de la manifestation et d’autres acteurs venant de tous les milieux, les drapeaux avaient été retirés. J’ai entendu par plusieurs sources que les organisateurs de la manifestation venant de différentes couches sociales avaient prévenu la mairie de Tirana que si les drapeaux restent, ils finiront brulés.
Pour vous donner un autre exemple, 100% des politiciens qui sont allés à Zvernec pour se montrer devant les caméras, ont été expulsés (parfois violemment) par les manifestants qui étaient sur place.
Ce qu’il faut comprendre aussi, c’est que la raison de ces grandes manifestations ne concerne plus l’installation d’Ivanka Trump et Jared Kushner.
La goutte qui a fait déborder le vase
D’après plusieurs récits des événements, le véritable déclencheur des manifestations nationales semble avoir été un incident survenu à Zvërnec, près de la zone concernée par le projet touristique. Le 30 mai 2026, des habitants protestaient contre l’installation de clôtures sur des terrains qu’ils considéraient comme leur appartenant.
Lors de cette manifestation, des agents de sécurité privés auraient violemment repoussé des protestataires, notamment un manifestant qui s’est fait tirer par terre et tabassé violemment par les agents de sécurité. La police était présente et elle a préféré tourner le dos et ignorer le crime qui était commis devant leurs yeux.
Des vidéos de l’incident sont devenues virales sur les réseaux sociaux albanais et ont provoqué une vague d’indignation qui s’est ensuite propagée à Tirana et dans le reste du pays.
Cet incident est devenu simplement la goute de trop pour des albanais qui sont déjà à bout de souffle.
Après les difficultés financières liées au cov.ID, beaucoup d’occidentaux ont choisi l’Albanie pour leurs vacances nécessairement abordables. Cela leur a permis de découvrir le trésor qu’est la Terre d’Albanie, ce qui a inévitablement attiré l’attention des investisseurs étrangers qui se sont mis à acheter massivement des terres, y compris celles qui n’étaient pas à vendre.
La corruption gouvernementale leur a permis de faire plus ou moins ce qu’ils voulaient, et de nombreuses terres ont été dérobées et rendus inaccessibles. Les albanais avaient de moins en moins accès aux terres et aux plages où ils avaient grandi.
Pendant ce temps, les prix ont explosé, rendant la vie des Albanais encore plus compliquée. Oui le tourisme a connu une explosion en Albanie ces dernières années, mais les albanais ne font qu’hériter les problèmes, pas les bénéfices, à cause de la corruption des autorités.
L’incident à Zvernec du 30 Mai n’était que la goutte de trop qui a fait déborder le vase, et qui a déclenché des manifestations spontanées un peu partout en albanais, et à l’étranger. Les albanais manifestent aujourd’hui CONTRE LA CORRUPTION DES AUTORITÉS ALBANAISES, et ils n’ont rien à faire de Trump ou je ne sais qui d’autre.
Les manifestants appellent pour la démission du premier ministre Edi Rama, mais ils appellent aussi à l’emprisonnement du chef de l’opposition politique Sali Berisha, pour les mêmes raisons. Ce n’est plus une manifestation politique à ce point, mais une manifestation humaine. Ils veulent un nouveau système, et ils ne veulent AUCUNE INTERFÉRENCE ÉTRANGÈRE à la création de ce nouveau système, ni celle de l’UE, ni celle de la Russie, ni celle de Trump, ni celle d’Israël, malgré des efforts considérables d’infiltration de ces derniers…
Ce qu’il faut comprendre aussi, c’est que l’Albanie est plus qu’un pays avec un état, c’est une Nation qui existe au-delà des frontières habituelles. Les albanais vivant en Albanie ne représentent qu’un petit pourcentage de l’ensemble de la population de cette nation. Il y a environ 2,7 millions d’Albanais en Albanie, mais il y a entre 7 et 8 millions d’Albanais qui vivent ailleurs :
- les Albanais du Kosovo (environ 1,6 à 1,8 million)
- les Albanais du nord de Macédoine (environ 450 000 résidents, plus leur diaspora)
- les communautés de Montenegro et de Serbia
- les diasporas historiques en Italie (Arbëresh), Turquie, États-Unis, Suisse, Allemagne, etc.
Même si l’épicentre reste clairement Tirana, le mouvement a commencé à s’étendre à l’étranger grâce à la diaspora albanaise.
D’après les informations disponibles cette semaine, des rassemblements de soutien ont eu lieu ou ont été annoncés dans plusieurs villes, comme Berlin, Munich, Stockholm, Milan, Florence, Bologne, Londres, Bruxelles, et même à New York et Toronto dans le continent américain.
Manifestations décentralisées
Un aspect particulièrement intéressant de ces manifestations, c’est leur nature décentralisée. Plusieurs groupes de différents niveaux sociaux organisent des manifestations de façon indépendante et spontanée. Les efforts de récupération ont rapidement été identifiés, et les groupes insistent sur l’aspect décentralisé, afin d’éviter les récupérations politiques. Cela ne se fait pas toujours de manière consciente, mais plutôt grâce à une bonne mémoire d’anciennes manifestations historiques détournées, qui ont généré une méfiance naturelle chez les albanais en général.

Pourquoi l’aspect décentralisé est important ? C’est très simple. La récupération politique ou autre devient impossible. Pour détourner ces manifestations, il faut détourner plein de groupes différents, de différentes couches sociales, de différentes positions géographiques…
Les efforts des albanais payent déjà car le projet de Jared Kushner (appelons un chat un chat) a été suspendu pour le moment, mais les albanais n’arrêtent pas pour autant. Il y a une inertie à présent, que rien, ni personne ne semble pouvoir l’arrêter ou le ralentir.
La surprise positive
Il y a une dernière chose qui ressort de tout ceci. Toutes les couches sociales sont impliquées aux manifestations, et pour cette fois, tout le monde semble d’accord sur le fait qu’il faut mettre leurs differences sur le côté pour se concentrer à l’essentiel.
Un esprit d’union règne. Quand j’entends les témoignages des manifestants, en Albanie ou ailleurs, j’ai la « chair de poule », malgré ma nature très sceptique à ce genre de manifestations… :
« Un groupe de jeunes ont aidé les anciens à venir nous rejoindre. Ils ont pris soin d’eux avec un respect que je n’avais plus vu depuis mon enfance… »
« Les gens ont ramassé les poubelles à la fin de la manifestation, et on a laissé l’endroit plus propre que quand on est arrivé… »
« Tu voyais de tout, des avocats, medecins, informaticiens, écrivains, mécanos, riches ou pauvres, marches ensemble en discutant amicalement. Je n’ai jamais vu ça de ma vie… »
« Un parent avait perdu son enfant et tous les manifestants se sont mobilisés pour le trouver en quelques secondes. Un appel a été fait pour que tout le monde s’assoit par terre afin que sa famille puisse le chercher… Tout le monde l’a fait et le parent a trouvé son enfant en quelques secondes en plein milieu d’un foule assise… »

Voilà donc tout ce qu’il faut savoir sur ce qui se passe en Albanie. Le peuple Albanais a entamé une démarche dont l’issue est incertaine, mais qui s’avère inspirante et différente de ce qu’on a vu ailleurs. Je ne sais pas où tout ceci nous emmène, tout ce que je sais, c’est que…
L’ALBANIE N’EST PAS À VENDRE !!!
Il y a une raison pour laquelle l’Albanie a survécu aux romans, aux ottomans, aux italiens et allemands, à la dictature, et ceux qui ignorent cela, finissent par en payer le prix avec la disparition de leur « royaume » !

